Démarche

Attaché à la figuration, ma peinture transcrit une vision imprécise et floue qui autorise, quelquefois, (lorsque l’aventure réussit), l’affleurement de la poésie. Pour paraphraser Michel Foucault » il faut qu’il y ait, dans les choses représentées, le murmure insistant de la ressemblance, il faut qu’il y ait, dans la représentation, le repli toujours possible de l’imagination ».

Les thèmes abordés sont limités, les sujets toujours proches et familiers. Les simples objets ordinaires, souvent répétés (seaux, bouteilles plastiques, cheminées…) installent la peinture au plus près du quotidien et tentent de révèler l’importance plastique du monde qui nous entoure.

On parle souvent de nostalgie : nostalgie d’un passé qui ne reviendra pas… Bien sûr, « le passage du temps » reste notre grande affaire… mais, en nous affranchissant, on trouve accès à l’essence même des choses.

Pour le physicien Thibault Damour, à propos du « temps » dans l’œuvre de Proust, « l’idée du passage du temps n’est qu’illusion, et, parfois, l’être humain peut avoir accès à « l’essence permanente et habituellement cachée des choses » ».

Mais si l’essence des choses coïncide avec ce qu’elles ont d’éternel et de presque secret, quid par exemple de ces « bouteilles plastiques d’eaux minérales  » sur les toiles ? On pourrait répondre en citant  Baudelaire (1) : « la modernité, c’est le transitoire, le fugitif, le contingent, la moitié de l’art, dont l’autre moitié est l’éternel et l’immuable ».

Paul Vilalta

 

(1) : Baudelaire : « Le peintre de la vie moderne »

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